# 12 - Qui n'a jamais vu les larmes d'une femme ne sait pas ce qu'est la douleur.

 # 12 - Qui n'a jamais vu les larmes d'une femme ne sait pas ce qu'est la douleur.
- Pov Omniscient -

La respiration d'Hana se fit lourde et saccadée, étouffée par la main portée devant sa bouche. Son autre main, tremblante, reposa lentement le téléphone sur le plan de travail et s'y appuya. Le regard perdu dans le vide, enfoncé dans l'obscurité de son esprit, elle tentait de trouver de l'air. Ou n'importe quoi d'autre. Elle avait l'impression de ne plus pouvoir respirer, chaque bouffée d'air lui brûlait le fond de la gorge et les poumons. Finalement, quand elle disait qu'il était son oxygène, elle n'était peut-être pas si loin de la vérité... Un son bizarre, à mi-chemin entre le rire et le sanglot, sortit d'entre ses lèvres. Hana redressa la tête, essuya les larmes qui coulaient à flots sur ses joues d'un geste rageur et passa à la salle de bains. Là, elle se lava le visage, se débarrassant des traces laissées par le maquillage qui avait coulé et se rafraîchissant les idées, puis se recoiffa et se remaquilla. Elle vérifia une dernière fois son allure dans le miroir, appliqua un sourire sur ses lèvres et rejoignit ses amis au salon.

- Alors, c'était pour quoi ? lui demanda Kazuhiko avec un sourire taquin.
- Rien d'important, lui répondit-elle dans un clin d'oeil.


Faire comme si de rien n'était, c'était la seule solution valable qui lui était venue à l'esprit. Comme si de rien était. Comme lorsque sa soeur était morte, faire semblant que tout allait bien. Elle fronça imperceptiblement les sourcils. Ne pense pas à ça maintenant! s'ordonna-t-elle mentalement. La soirée repris son cours, et elle son sourire presque légendaire.
Kyo fixa sa belle-soeur tandis qu'elle discutait avec animation avec Yuuki. Elle semblait vraiment joyeuse depuis quelques minutes. Ou bien peut-être était-ce un effet de l'alcool qu'elle ingurgitait comme si c'était de l'eau... Jetant un coup d'oeil à son portable, il retint un cri d'effroi.

- Hum, fit-il pour attirer l'attention. C'est pas que, mais nous on va peut-être y aller... Mon avion décolle dans à peine cinq heures, et j'aimerais bien dormir un peu... ^^'
- Ouah, il est déjà si tard ?! s'exclamèrent en coeur Shinya et Akiharu.
- Ben... vous n'avez qu'à rester ici cette nuit. Ça évitera le trajet, donc tu gagnes du sommeil, proposa Kazu.
- Ça ne te déranges pas ?
- Si j'te le propose... soupira-t-il.
- D'accord ^^ Merci.


Tous entreprirent de ranger les bouteilles et débarrasser les verres. pendant ce temps, Kazuhiko sortait des foutons -d'ailleurs, pourquoi en avait-il autant ?!- pour pouvoir faire coucher tout le peuple. Ils furent tous disposés dans le salon, sauf un dans la chambre de leur hôte, disposés au sol tels les pièces d'un puzzle géant, emboîtes. Ce n'était pas trés pratique si quelqu'un venait à se réveiller avec une envie pressante, mais ça suffirait pour une nuit.

Le lendemain, ou plutôt quelques heures plus tard, Shinya fut réveillé par un bruit provenant de la pièce d'à coté. Quelqu'un était dans la cuisine. Il se redressa sur son futon et salua Yuuki d'un signe de tête. Celui-ci était appuyé contre le mur, en train de contempler -le brun suivit son regard- le tableau tout à fait attendrissant que formaient Hana, Illian et Kyo. L'enfant était calé entre les deux adultes, dont les têtes se touchaient presque au-dessus des mèches blondes bien disciplinées.

- Ils sont chous, hein ? Murmura-t-il en se levant et rejoignant Yuuki.
- On dirait une vraie famille, opina-t-il.
- Je crois... que c'est le cas.


Puis Shinya l'abandonna et s'éloignant le long du couloir, sur cette réponse qui torturait l'esprit du blondinet. Quelques secondes aprés le départ du bassiste, Kazuhiko entra dans le salon. Il marcha sans pitié sur les futons, occupés ou non, pour aller jusqu'à la table déposer croissants et café. Puis il s'assit à coté d'Hana et entreprit de la réveiller en lui caressant doucement le visage. Avant que la jeune femme n'ouvre les yeux, Yuuki fit part de la remarque à Kazu. Celui-ci sourit :

- Il a raison. Même si elle n'est pas sa mère, Illian a toujours considéré Hana comme telle. Quant à elle, elle l'aime pour deux. Et puis, tous les trois... Ils n'ont qu'eux, tu sais. Aucune autre famille... Mais ce n'est pas à moi de te raconter la vie d'une amie, se reprit-il. Si tu as des questions, n'hésite jamais à les lui poser. Hana aime l'honnêteté.
- Merci du conseil, sourit Yuuki.


En même temps, la veille, il avait bien vu qu'elle se comportait comme une mère, avec son neveu. Et ses yeux exprimaient tellement de tendresse quand elle le regardait... Comme ce jour, quelques mois plus tôt, lorsqu'elle avait reçu un appel dans sa chambre. Et comme ce jour-là, il ressentait une pointe d'envie envers le petit... Pendant ce temps de réflexion, Hana s'était redressée. Elle s'employait maintenant à réveiller son beau-frère alors qu'Illian avait disparut du futon. Teruki et Takuya étaient également en train de reprendre contact avec la réalité, s'étirant comme des chats.
Aprés un petit-déjeuner et quelques douches, Teruki se proposa d'accompagner Hana, Kyo et Illian en voiture. Aprés des Au Revoir rapides, ils filèrent à l'appartement de la demoiselle récupérer les bagages de son beau-frère -qui se résumaient à un sac de voyage- puis à l'aéroport. Là, ils échangèrent quelques paroles en Français, que Teruki ne comprit pas.

- Prends soin de toi, petite; et ne garde pas tes peines pour toi, d'accord ? Il y a des gens qui tiennent plus à toi que tu pourrais le penser, ici. ;)
- Ne t'inquiète pas de ça, sourit-elle en réponse. Tout va bien =)
- Vraiment... fit-il avec un regard exaspéré dans sa direction. Puis il ébouriffa gentiment les cheveux d'Illian : Toi, sois gentil avec tata, d'accord ?
- Hm, opina le petit.
- Je t'aime.


Il les embrassa tous les deux, les serrant dans ses bras, puis s'en alla vers la porte d'embarquement. Sans se retourner. Les deux blonds restèrent immobiles un long moment, main dans la main. Puis Hana se retourna :

- On rentre ?

Sa voix semblait un peu plus faible. Teruki acquiesça et les reconduisit chez elle. La jeune femme l'invita à rester manger. En pénétrant dans l'appartement, ils eurent la surprise d'y trouver Kazuhiko. Hana mis un moment à se souvenir que ce dernier avait proposé d'emmener Illian à Kyoto. D'habitude, elle les accompagnait, mais cette fois elle ne pouvait pas... Le petit partirais seul, mais ça ne semblait pas le déranger le moins du monde, excité comme il était.

- Hum! lança Kazu en plein milieu du repas. J'ai prévenu Shinya, il a dit qu'il passerait dans l'après-midi.
- Merci ^.^
- Shinya ? intervint Teruki. Pourquoi ?
- J'ai quelque chose à lui dire, grand curieux =P Et pour me tenir un peu compagnie, tant qu'on y est; j'ai rien à faire jusqu'à demaaaiiiin...


Elle prit un air tout triste qui les fit éclater de rire. Prise d'une fausse colère, Hana entreprit alors de les frapper à coups de baguettes. Elle les poursuivit lorsqu'ils s'enfuirent, ce qui attira l'attention d'Illian, à l'étage. Il se pencha par-dessus la barrière, regarda la scène avec des yeux ronds, puis retourna à ses occupations. Choqué. Les trois soi-disant "adultes" finirent complètement morts de rire. Kazuhiko s'arrêta vite cependant, fixant son amie. Suivant son regard, Teruki se calma également, et tous deux la regardèrent, les sourcils légèrement froncés. Riant un peu moins, elle leur lança :

- Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Son rire s'arrêta définitivement lorsqu'elle se rendit compte que sa voix tremblait, et qu'une rivière de larmes dévalait ses joues. Etait-ce ça qu'on appelait "passer du rire aux larmes" ? L'air lui manquait. Ou plutôt, elle en avait trop, et n'arrivait plus à respirer, suffocant. Hana avait l'impression que sa poitrine était en train de passer au rouleau compresseur, une douleur aiguë lui traversa le crâne. L'impression d'être en train de mourir. Paniquée, tentant de récupérer son souffle, elle lança un regard terrorisé à Kazu. Celui-ci sortit enfin de sa torpeur et bondit sur ses pieds, se précipitant vers la cuisine.

- Surveille qu'Illian ne vienne pas, lança-t-il à Teruki.

Ouvrant tous le splacards sans les refermer, il pesta. Où pouvait-elle bien ranger des sacs ?! Finalement, il avisa celui posé sur une étagère du frigo. Sans se poser plus de question, il renversa les tomates qu'il contenait sur le plan de travail et retourna auprés d'Hana. S'agenouillant, il posa sa tête sur ses genoux et apposa le sac en papier sur son visage inondé. Lorsque sa respiration commença à retrouver un rythme normal, elle vint tenir elle-même le sac et Kazu l'aida à s'asseoir sur le sofa.

- Franchement... soupira-t-il. T'as pas pris tes médocs, hein ?
- Ils sont dans le deuxième tiroir de la commode... murmura-t-elle.
- Bouge pas, je reviens. Teruki, tu la surveilles ?


Il tourna vers lui un visage ahuri, complètement perdu, et acquiesça vaguement. Il était encore sous le choc, n'arrivait pas à comprendre ce qu'il venait de se passer -ce qui était en train de se passer. Son regard se posé sur Hana, qui s'était allongée et avait replié ses jambes. Mais qu'est ce que c'était que ça ?! Il avait bien cru qu'elle leur faisait un infarctus... Kazu revint et s'assit par terre en récupérant le sac en papier qu'Hana tenait toujours pour le poser sur la table basse. Il enroula une gaine autour du bras frêle, et Teruki devait vraiment avoir un visage à faire peur, car il lui lança :

- Fais pas cette tête, elle est vivante x)
- Co- Comment tu peux être aussi calme ?!
- Ben tu sais, je la connais depuis qu'elle est toute petiiiite, cette grande fille. Elle ne vous a pas averti quand elle habitait avec vous ? s'étonna le blond en plantant la seringue. J'aurais dû le faire...
- Non... Je crois pas...
- Allez, j'peux t'assurer que d'ici trés peu de temps, elle se portera comme un charme. Alors souris un peu, sinon tu va l'effrayer.


Hana lui tapa la main en marmonnant "Arrête de dire des bêtises", lorsqu'il eut retiré la seringue. Elle commençait déjà à se sentir mieux, la crise était passée aussi vite qu'elle était arrivée... Kazu eu un sourire amusé, mais son regard restait légèrement inquiet. Il décidé de monter chercher Illian pour partir. Celui-ci était dans le bureau, en train de jouer à des jeux de combat. Kazuhiko remarqua un sac posé dans le couloir, prés de l'escalier.

- Hana t'autorise à installer ça sur son ordinateur ?
- Euh... pas exactement... marmonna l'enfant. Mais, l'autre est trop lent...
- Ah lala... Bon, on y va ?
- Oui! =D


Illian sauvegarda rapidement sa partie, puis sortit de la pièce avec un grand sourire et dévala les escaliers.

- Illian ! cria une voix depuis en bas. C'est dangereux, les marches glissent!
- Oh, qu'est ce que t'as... ? demanda-t-il en s'approchant du canapé, ignorant l'avertissement.
- Rien, mon Ange. M'ma est juste un peu fatiguée... Allez, tu est poli et tu ne fais pas de bêtises, d'accord ?
- Hun-un.


Hana embrassa son neveu, puis son ami, qui lui lança un regard qui signifiait "T'as intérêt à te reposer sinon je rentre immédiatement".Leurs silhouettes quittèrent l'appartement sous son regard bienveillant. Puis elle se redressa pour s'asseoir, la tête lui tourna un peu. Lorsque le monde autour d'elle cessa de tanguer, elle se leva. Teruki voulut la faire asseoir, mais elle refusa et, avec un sourire qui se voulait rassurant, se dirigea vers la cuisine sur ses jambes encore tremblantes. Elle se servit un grand verre de jus et revint au salon pour le boire. Sloth était venu prendre place sur la table basse, s'enroulant autour du vase sous le regard trés, trés méfiant de Teruki.

- Tu gardes cette chose en liberté ? s'indigna-t-il.
- Tu apprécierais que je t'enfermes dans une cage toute la journée ? C'est un... ami. S'il pouvait parler, il en aurait des choses à racnonter ! ^^'
- Si tu l'dis. Et... Ca t'arrives souvent, ce genre de... trucs ?
- De temps en temps, répondit-elle vaguement en sirotant. C'est pas un "truc", mais une crise d'hyperventilation. Ce n'est pas trés grave...
- Pas trés grave ?! On aurait dit que t'étais en train d- Teruki s'interrompit, se rendant compte qu'il se laissait emporter.
- ...De mourir, oui, c'est l'impression qu'on a. Mais on en meurt jamais...


À sa voix, et son regard, on aurait presque pu croire qu'elle le regrettait.

- Comment tu peux dire ça si calmement... ? Je ne comprends pas, lâcha-t-il finalement.
- Tu voudrais quoi, que je m'affole ? Plus je m'inquiéterais, plus je risquerais de provoquer une autre crise, et je m'en passerais volontier. Ce n'est rien d'autre qu'une douleur vive et une frayeur passagère.
- ...
- Et puis... Si je me fais du soucis pour des choses aussi futiles, sourit-elle, qu'est ce que je ferais quand il y aura quelque chose de vraiment grave ?


Hana baissa les yeux, une voix la rabrouant mentalement. Le regard vide, elle se perdit dans ses songes. Souvenirs déjà trop vagues de la personne à qui elle doit tant. Devait tant. Parce qu'on ne peux pas payer sa dette à un mort, si ? Quelques temps plus tard, peut-être quelque sminutes, peut-être quelques heures, la sonette retentit. Et Shinya entra, et Teruki parti malgré ses réticences...

- Tu est sûre que ça ira... ?
- Bien sûr ! =)
- Je reste là tout l'aprés-midi, intervint SHinya. Si ça peut te rassurer, je passerais aussi la nuit ici...
- ... Merci.


Shinya était réellement plus pâle qu'à l'ordinaire, mais son sourire semblait sincère. Ils s'installèrent sur le canapé, discutant de futilités tout en regardant une émission culinaire qui n'arrivait pas à capter entièrement leur attention. Simple, banal. Mais tellement agréable...

- Bref. Comment ça va ? demanda soudain Hana d'une voix plus douce et plus sérieuse.
- Eh bien... Je crois que le fait de savoir que tu n'hésiterais pas à m'égorger vif, si je... retouchais à ça, est une excellente thérapie ^^' fit son ami, comprenant ce qu'impliquait la question.
- De toute façon, tu aurais énormément de mal à t'en procurer...
- Je demanderais même pas ce que t'as pu manigancer... Ah, au fait, pourquoi Teruki s'inquiétait au juste ?
- Oh. Simplement, je ne me suis pas sentie trés bien pendant un instant, fit-elle aprés une courte pause.


Shinya tira légèrement la blonde, l'incitant à venir poser sa tête sur ses genoux. Il savait trés bien qu'elle mentait, même si Teruki avait tendance à s'inquiéter pour pas grand chose. Elle mentait, mais lui aussi. Comme si il pouvait se permettre de lui reprocher d'essayer de le protéger...
Le regard d'Hana s'était vidé, son sourire habituel s'était fané, ne laissant derrière eux que le visage d'une enfant accablée par le poids de sa vie. Sa vision devenait floue, trouble, tandis que Shinya caressait doucement ses boucles d'or. Serrant la mâchoire pour tenter de retenir ce qui lui brûlait les yeux, elle clos un instant ses paupières. Une larme pointa le bout de son nez, grossit, grossit... et finalement se détacha de ses cils pour venir s'écraser sur le pantalon de Shinya. Hana rouvrit brutalement les yeux et, apercevant le soleil qui se couchait déjà, s'en saisit comme prétexte pour s'éclipser dans la cuisiner. Il fallait qu'elle s'occupe les idées, peu importe comment. Ne surtout, surtout pas y penser... Les oeufs lui échappent des mains alors qu'elle se retourne. S'écrasent au sol.

- Qu'est ce qu'il se passe ?

Hana sursauta, manquant de peu l'arrêt cardiaque en voyant Shinya si proche d'elle. Elle ne l'avait pas entendu. Elle entends toujours les gens s'approcher d'habitude, pourtant.

- Je... J'ai fais... tomber les oeufs... murmura-t-elle d'une voix tremblotante.
- C'est rien, t'inquiètes pas, on va en prendre d'autres. Ou alors, on va manger autre chose, rectifia-t-il en avisant la boîte vide.
- C'était les derniers oeufs... continua-t-elle, comme si elle ne l'avais pas entendu. Ils sont... cassés. J'ai cassé les oeufs...


Sanglots étranglés. Hana le fixait, et pourtant elle ne semblait pas le voir. Ses jambes tremblèrent, se dérobèrent, et elle se retrouva à genoux par terre dans un "Bam!" sourd. Quelque chose à mi-chemin entre le rire et les pleurs agita sa poitrine de soubresauts.

- Cassés. Morts. Comme... Lui.

Ses yeux s'agrandirent soudain, comme si elle était frappée par l'horreur de ce qu'elle venait de dire. Et les larmes coulèrent, coulèrent. C'était un torrent. La cascade de tous ces sentiments qui se livraient bataille depuis trop longtemps, au fond de son coeur. La cascade qu'Il avait calmée, faisant barrage de son corps. Mais le barrage avait cédé. Un son résonnait en boucle dans ses oreilles, à l'intérieur de sa tête, des points lumineux dancaient devant ses yeux. Quelques pixels.
Se ressaisissant, Shinya se précipita vers elle, sans trop savoir pour quoi faire. Peut-être juste la serrer dans ses bras, la rassurer. Mais alors qu'il allait poser sa main sur son épaule, la voix rendue encore plus aiguë par les larmes d'Hana retentit :

- Ne me touche pas !!

Il la regarda avec stupéfaction se mettre en boule. Genoux remontés contre la poitrine, ses bras enroulés autour, Hana se balançait d'avant en arrière, répétant comme une litanie "Il est mort... Finit. Plus rien... Mort.". Elle paraissait être en plein délire, enfermée dans son monde. Monde effrayant, à en juger par son air de gamine effrayée. Shinya tenta de la calmer à distance, lui murmurant des paroles rassurantes, assis à même le sol, le dos contre le mur. Mais elle ne semblait pas l'entendre. Plusieurs fois, il tenta de la toucher à nouveau. Mais, chaque tentative provoquait la même réaction ; elle se recroquevillait encore plus, ses poings se serrant convulsivement autour de ses bras.
Voyant l'heure tourner, et que son "état" ne s'améliorait pas, il fit la seule chose qui lui vint en tête.

- Allô, 119. Avez-vous besoin d'une ambulance ou d'un camion d'incendie ?



_________


Bon, les enfants.
Nan, avant d'annoncer des choses, je vais vous demander votre avis sur ce chapitre.
Ouais, on casse pas la routine ^^'
Maintenant, come the news.Mai. doit rattraper plein de cours, avec ce changement de lycée. Et elle n'a accès a internet qu'environ... 1h à 2h par jour, en comptant tout ce que j'ai à faire, c'est de loin beaucoup trop peu. Je vais donc être très longue à écrire mes suites, je pense...
Alors voila, je vous le demande : Est-ce que vous préferez que je poste les chapitres ne plusieurs parties, genre une tous les 10-15 jours, ou bien que je le poste en une seul fois, mais ça peut prendre beaucoup de temps.. ?

Bon, voila... Gros bisous à toutes, et bonne soirée, bonne nuit, faites de beaux rêves, et courage en cours demain =)

Mai. =3

# Posté le jeudi 30 juillet 2009 22:14

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 16:02

# 11 - Quand on parle d'u malheur, on en voit le début...

 # 11 - Quand on parle d'u malheur, on en voit le début...
- Pov Omniscient -

Yuki suivit la blonde lorsqu'elle entra dans le studio, aprés avoir séché ses larmes d'un revers négligent. Le silence régna un instant, puis fut rompu par le bruit des pas. Elle s'était mise en route à travers le hall, direction le premier couloir. Alors que Yuuki allait palrer, sans savoir vraiment ce qu'il comptait dire, les quatres autres garçons apparurent. Teruki se figea alors que tous les rgards convergaient vers lui, sauf celui d'Hana.

- Ne me dit rien, j'ai oublié quelque chose chez toi... ?
- Non non. Oh, tu pourras passer demain pour prendre tes vêtements ? je ne vais pas pouvoir sortir avant ce week-end...
- Euh, pas de problème... répondit l'ainé.


Pendant ce temps là, les choses se connectaient d'une façon horribles dans l'esprit de ceux présents. Teruki avait assé la soirée chez Hana, avait bu chez elle, avait dormi chez elle et avait pris sa douche chez elle. Ca revenait presque à leur annoncer de but en blanc qu'ils a-

- Tant mieux. Hana coupa court à leurs pensées. En fait, je suis venue pour Takuya. Tu viens ?
- Hein ? fit celui-ci.


Sans lui laisser le temps de penser ou de répliquer, elle le saisit par le bras te l'entraîna dehors, non sans avoir saisit une veste au hasard dans les bras de Shinya. Juste avant que les portes ne se referment, Hana lança :

- Allez boire un erre ou je ne sais quoi, histoire qu'on puisse prendre notre temps ;)

Ils regardèrent les deux silhouettes s'enfoncer dans la nuit et y disparaitre peu à peu. Puis, dans un soupir contraint, Teruki suggera de suivre la suggestion de la blonde. Ce qui lui attira quelques vannes, toutefois distraites et brèves. Ils se demandaient tous ce qu'Hana pouvait bien vouloir à Takuya, même si Yuki et Teruki songèrent que c'était peut-être en lien avec Akiharu. Quoi qu'il en fut, tous se retrouvèrent moins d'une demi heure plus tard dans un bar, malgré lesprotestations d'Aki. En effet, la veste qu'avait saisit Hana était la sienne, et il avait fallu des trésors de diploatie pour le convaincre d'utiliser celle de Takuya...

Takuya suivit la jeune femme un moment, longeant la rivière. Il se tournait parfois légèrement vers elle et remarquait toujours ce meme sourire. Et elle continuait d'avancer, imperturbable. Exaspéré, et se demandant ce qu'elle voulait, Takuya s'arrêta net. Quelques pas plus loin, hana fit de même et, se tournant vers l'eau miroitante, murmura :

- Les étoiles brillent beaucoup ce soir... Tu ne trouves pas ?
- Qu'est ce que tu cherches, à la fin ?! lâcha-t-il.


Elle pivota vers le jeune homme, l'ai rsurpris.

- Comment ça ?
- Tu es déjà trés proche de Kazu et de Shinya, pendant le temps où tu collais presque Aki, tu laisse Yuki se mouir d'amour et tu passes la nuit avec Teruki. Excuse-moi, mais on dirait un peu que tu te fout de nous! Comme si on était des jouets à tes yeuxs !


Un long silence suivit ces paroles. Hana tenta de ne pas laisser paraitre s surprise à la mention de Yuki. Elle n'aurait jamais pensé...
D'un coté, Takuya se sentait soulagé d'avoir dit une partie de ce qu'il vait sur le coeur, mais l'air figé, pétrifié d''Hana, le mettait mal à l'aise. Poutant, il aurait voulut dire tellement plus. Lui dire à quel point son sourire constant l'hhorriplait, combien xcette gentillesse qui l'netourait et l'enveloppait, qui semblait suinter de chaque pores de sa peau, l'exaspérait. Il aurait voulu lui montrer qu'elle l'écoeurait, toute pleine de joie qu'elle était. Mais il ne savait simplement pas comment le faire sans la blesser. Alors il se tut, et elle aussi. Au final, se dit Takuya, elle paraissait simplement être ce que tous voulaient être. Heureuse.

- Je... ne joue pas avec vous, dit Hana au bout d'un long moment, sa voix un peu plus aigue qu'à l'ordinaire. Je ne pourrais jamais faire ça, parce que je tiens à vous. Même si toi, visiblement, tu ne m'apprécie pas vraiment... Pour ce qui est de Teruki, c'est simplement qu'il a été choqué aprés la conversation qu'il a surpris hier, et nous avons juste discuté, une fois qu'il a été réveillé.
- ...
- Et si je voulais te parler, c'est justemment par rapport à Akiharu. Quand je le "collais", comme tu dis, j'avoue qu'au début c'était principalement un test pour vérifier mes soupçons. Mais on a parlé, ensuite... De toi.


Takuya étouffa une exclamation de surprise. Aki avais parlé de lui, avec Hana ?! Il ne pouvait pas vraisemblablement y croire... Hana soupira en s'asseyant sur l'herbe et l'invita à faire de même.

- Je pense pouvoir dire sans me tromper que tes sentiments sont réciproques. Mais... Il se trouve qu'Aki a un peu trop peur, et se fait surtout du souci pour rien. Peur de l'avenir, de ce qui pourrait se passer. Alors évidemment, il s'imagine les pires scénarios.
- Je ne vois pas ce qui te fait dire ça, marmonna Takuya.
- Lui. Et puis, ça se voyait quand même un peu... Je veux juste te demander une chose.
- Et quoi... ?
- Je voudrais, commença Hana en serrant la main de son voisin, que tu ne lâches pas. Mène lui une vie d'enfer, et surtout ne renonce pas. Il finira par arrêter d'essayer de te repousser, il sait qu'il se blesse autant que toi.


Takua la fixa un instant, se demandant s'il n'était pas en train d'halluciner. Puis il eut un sourire presque amusé et lança :

- Compte sur moi!

Hana lui sourit doucement puis se releva et l'invita à faire de même. Ils marchèrent jusqu'à l'appartement sans prononcer un seul mot. Takuya était plongé dans ses pensées... D'un coté, il se sentait honteux, gêné, d'avoir jugé cette fille d'emblée, sans même prendre le temps de la connaître. Il ne pouvait pas dire non plus qu'à présent, il l'adorait. Mais, il était au moins plus enclin à sa présence prés d'eux. Lorsqu'ils arrivèrent, Hana se contenta de lui souhaiter bonne nuit et s'en retourna sans lui laisser le temps de prononcer un mot.

Le lendemain

- Enfile cette jupe, ça s'accorde mieux je crois.

La sonnette couvrit la réponse du modèle. Elle lança :

- J'y vais. Tu ouvres s'il te plait ?

Le jeune homme acquiesça tandis que son mannequin provisoire disparaissait derrière un paravent. Il traversa le salon et, ouvrant la porte, se retrouva face à un homme sans aucun doute plus âgé que lui. Il le détailla de haut en bas : il ne pouvait pas vraisemblablement être là pour la même chose que lui. Sûrement une erreur...

- Euh... vous êtes ? demanda-t-il.
- Je viens voir Hana. Elle est là ?
- Oui...


Le garçon aux cheveux roux décolorés laissa entrer l'autre homme en lui lançant tout de même un regard méfiant. Que pouvait-il bien faire ici... ?!

- J'suis prête ! lança une voix aiguë depuis une pièce à l'écart.
- J'arrive.


L'étudiant se dirigea vers la voix, suivit par Teruki. Ce dernier était, sans le savoir, à peu prés aussi perdu que l'autre. Ce qui empêchait Hana de sortir toute la semaine était un garçon ?! Impossible... Ou du moins, il ne pouvait pas l'accepter... En passant la porte de la pièce -plus grande qu'il ne l'imaginait, soit dit en passant- il se figea, sous le choc. Des paroles furent échangées et un appareil photo se mit à crépiter. Face à l'objectif, Hana en jupe noire extra-courte et extra-bouffante et haut rouge, devant un grand drap blanc tendu sur le mur et au sol. Elle bougeait trés naturellement, ne semblait pas le moins du monde gênée ou intimidée... On aurait pu croire qu'elle avait fait ça toute sa vie.
Entre deux flash, elle demanda à Teruki "d'attendre dix petites minutes". Ou plutôt, le mima du bout des lèvres. Celui-ci obtempéra sans trop penser. A chaque fois, il découvrait quelque chose de nouveau sur cette fichue blonde... Quand cesserait-elle de le surprendre ainsi ?!

- Désolée de l'attente, murmura-t-elle peu aprés en tombant sur le sofa. Tes vêtements sont à l'étage, je vais aller chercher ça... Dés que j'aurais le courage de me lever ><
- Je peux y aller si tu veux, proposa Teruki.
- Non, c'est bon. Elle tendit le bras pour attraper un carnet et un crayon non loin et lança : Tu les fait développer demain matin, c'est ça ?
- Oui.
- Je passerais... entre 18h30 et 19h, c'est bon ?


Le jeune roux réitéra sa réponse, et Hana entoura puis griffonna sur le carnet. La seconde d'après, elle poussa un soupir mi-gémissement et balança le cahier pile, criant "Yeah!" lorsqu'il atterrit sur le passe-plat. La scène fit éclater de rire Teruki. Un instant plus tard, le garçon sortait de la pièce avec deux sacoches, les salua et sortit. Prenant ce qu'il restait de son courage à deux mains, Hana se leva difficilement, étira tout son corps endolori avant de grimper difficilement les escaliers.
Teruki la regarda faire, légèrement inquiet ; elle semblait complètement Hors-Service, et un chute ne lui serait sûrement pas profitable... Quelques minutes plus tard, elle redescendait avec un sac, baillant à s'en décrocher la mâchoire, derrière sa main. Le brun vint à sa rencontre pour lui prendre le sac, et elle l'accompagna jusqu'à la porte :

- Tu m'excuseras de pas t'inviter à rester, mais là.... je vais direct me coucher.
- Ce n'est pas grave, la rassura-t-il. Mais tu es trés à l'aise, c'est impressionnant ^^
- Normal. Je fais ça depuis dix ans, fit-elle sur le ton de la confidence. Bonne nuit...


Et la porte se referma, aprés un sourire complice. Teruki se demanda comment interpréter sa dernière phrase... Elle faisait "ça" depuis dix ans ? Poser sur des photos ? Calcul rapide... Cela voulait dire qu'elle aurait commencé à 12 ans. Louche, tout ça... Il rentra rapidement à l'appartement et rangea ses affaires. Yuuki entra dans sa chambre sans frapper au moment où Teruki refermait le placard.

- Oh. Tu reviens de chez Hana ? demanda-t-il, fronçant un peu les sourcils.
- Oui, pourquoi ?
- Pour rien...


Teruki lui lança un regard interrogateur. Le blond s'allongea sur le lit et fixa le plafond.

- Je peux te demander quelque chose de personnel ?
- Euh... oui, je suppose, dit prudemment Teruki.
- Qu'est ce que tu faisais chez elle, l'autre soir ?
- C'est pas personnel, ça ! XD Simplement, aprés avoir surpris la "discutions" entre Aki et Taku, j'étais un peu... choqué. J'ai atterri chez elle sans trop savoir comment, j'ai bu comme un trou, et j'ai finit par sombrer. C'est tout.
- Vraiment ? demanda le clavieriste, surpris.


Teruki hocha la tête et un sourire apparut sur le visage de son cadet. Ce dernier se releva et quitta la chambre, sous le regard mi-halluciné mi-choqué du brun.

- Pov Kazuhiko -

On était mercredi soir, et mon petit appartement n'avait jamais était aussi rempli, à mon souvenir. Akiharu, Shinya, Yuuki, Takuya, Teruki, Hana, ainsi qu'Illian et Kyo étaient tous réunis dans mon salon, qui paraissait soudain beaucoup plus petit -et trés enfumé. Le papa repartait le lendemain matin, et nous avions décidé de donner cette petite fête en l'honneur de la fin de l'enregistrement du nouvel album d'An Cafe... Illian commençait à somnoler, appuyé contre mon épaule, Hana partie sur la terrasse prendre un bol d'air frais. J'écoutais vaguement les discutions de tout le monde. Mes yeux restaient cependant fixés sur Yuuki, qui semblait différent, même si je ne l'avais pas vu souvent.

- Au fait, qu'est ce qui t'inquiétait l'autre jour ? demandait Teruki à Kyo.
- C'est juste... commença celui-ci. Tu sais, même si elle semble forte, elle a énormément souffert de la perte de sa soeur.
- C'est normal, ça... C'est toujours dur de perdre quelqu'un qu'on aime... Pour toi aussi, je suppose.
- Oui. Mais non, ce n'est pas normal. Tu n'as pas idée à quel point ces deux-là s'aimaient, elles étaient complètement fusionnelles. Je n'ai jamais vu un amour comme ça...

Je n'avait pas mis longtemps à comprendre qui était ce "Elle". Je la connaissais presque par coeur, depuis des années... Je les connaissais d'ailleurs. Teruki eut un regard interrogateur.


- Pendant cinq ans, Hana a vécu en ayant tout oublié de sa soeur, puis elle a passé deux années persuadée qu'elle était morte, qu'elle ne la reverrait jamais... Si tu les avais vues quand elles se sont retrouvées... finit-il par murmurer.
- J'ai fait une belle gaffe l'autre jour... Désolé, s'excusa Teruki.
- Ce n'est pas grave. Mais pendant qu'elle te souriait, je la revoyait devant le corps de sa soeur... Complètement anéantie. Elle cache bien ses blessures, il faut prendre soin d'elle.


Je décrochais de leur conversation pour suivre du regard Hana, qui se dirigeait vers la salle de bain, fixant son écran avec un froncement de sourcil. Quelques minutes plus tard, je repoussais doucemment Illian sur le canapé et me levait, dans la ferme intention d'aller al voir. Au moment où je passais dans le couloir, je la vis sortir de la salle de bain. Le froncement de sourcils avait disparut, laissant place à une mine calme et souriante, habituelle. Je pris un ton léger et demandait :

- Alors, c'était pour quoi ?
- Rien d'important.


Elle me fit un clin d'oeil mutin et s'éclipsa dans le salon.



_________


Mes Amours, mes Vies [oui, j'en ai plusieurs, j'suis immortelle, qu'est ce que vous croyiez ?]
Comment allez-vous today ?!
C'est le Week End, et Mai ets trop méga contente, même si elle est ausis trop méga folle. Parce que oui, en fin de semaine les S pètent les plombs, les nerfs s'arrachent à leur corps, et c'est un spectacle effrayant que je vous souhaite de ne jamais voir.
Bref, comme preuve de ma méga-super humeur, je vous livre ce chapitre # 11. Et ne demande que 31 commentaires pour la suite [c'est un nombre au pif]
J'essaierais de vous livrer le prochain chapitre au plus vite, et puis je vous aime ♥

Bisous _ Mai. =3


EDIT : Je n'ai pas eu internet pendant 2 semaines, donc rien pu écrire... Plus un déménagement alone dans le 95, j'suis assez occupée... J'essaierais de poster le prochain chapitre d'ici la première semaine de Novembre =)

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 05:22

Modifié le lundi 26 octobre 2009 14:08

# 10 - I hate holding hands. Because you have to let go, sometimes...

 # 10 - I hate holding hands. Because you have to let go, sometimes...

- Pov Teruki -

Mes jambes me menèrent presque automatiquement jusque dans les quartiers chics. On venait de finir l'enregistrement pour la journée, ou du moins, Akiharu, Takuya et moi-même étant incapable de nous concentrer, les producteurs nous avaient lâchés un peu plus tôt que prévu. Il faudrait bosser deux fois plus le lendemain, mais sur le moment, ce n'était pas ce qui occupait le plus mon esprit.
J'étais venu plusieurs fois ici, ces deux derniers mois, parfois seul, généralement accompagné de Kazu, de Yuuki ou d'Aki. Mais ces quelques occasions avaient suffit pour que ça soit le premier endroit auquel j'avais pensé. Je grimpais rapidement les quelques marches menant au premier étage et sonnait. On m'ouvrit presque instantanément. Et, sans prendre la peine de dire Bonjour ou même faire attention à la personne qui avait ouvert, j'allais jusqu'au salon et m'affalais sur le canapé. Les coudes sur les genoux et la tête entre les mains.

- J'ai besoin d'un remontant, lâchais-je dans un souffle, complètement paumé.

J'entendis vaguement des pas, quelques voix basses dont je en saisit pas les mots. Puis le canapé s'affaissa légèrement à coté de moi, et on me tendit un verre. Je gardais les yeux grands ouverts, regardant devant moi sans vraiment voir... Choc entre le verre et le verre, la bouteille posée sur la table basse. Je portais mon verre à mes lèvres et avalais le tout cul sec, avant d'en demander un autre. Je recommençais ainsi mon petit manège encore trois fois, avant de poser le verre à coté de la bouteille. J'avais l'impression -probablement factice- d'avoir les idées un peu plus claires...

- Qu'est ce qu'il s'est passé, pour que tu aies l'air au bord de la syncope et que tu boives autant ? demanda doucement une voix à ma gauche.
- Oh mon Dieu, Hana... Oh mon Dieu. Oh... mon... Dieu...
- Respire, calme-toi.
- Je suis... calme. C'est juste... Oh mon Dieu, répétais-je. Takuya aime Miku.
- Je sais, me répondit-elle le plus simplement du monde.


Je tournais la tête vers elle d'un coup, peut-être un peu trop rapidement, car je dus attendre quelques secondes pour voir clairement son visage. Elle savait. Hana me sourit, un sourire doux et compréhensif. Est-ce qu'elle pensait que je délirais ? Je tournais à nouveau la tête devant moi. Non. Elle savait. Elle savait ce qu'il se passait, et elle ne m'avait rien dit.

- Un autre, fis-je en reprenant mon verre.

Un soupçon de raison me souffla que je ne devrais peut-être pas boire en plein aprés-midi, mais elle s'éteignit bien vite. Il faudrait bien que j'affronte la réalité à un moment, mais je préférais le reculer au maximum... J'avalais mon verre toujours aussi sec. Cette fois, il fut à nouveau remplit sans que je prononce un mot.
Et plus les verres défilaient, plus je me sentais sombrer, m'enfoncer peu à peu autre part.


Une voix. J'avais entendu une voix, ou peut-être n'était-ce qu'un rêve. Soudain, une atroce douleur me traversa le crâne, alors que je tentais de tourner la tête. Puis des souvenirs vagues, qui me firent froncer les sourcils. Nouvel élan de douleur. Cette voix, à nouveau. Je l'entendis un peu plus clairement cette fois-ci, je ne rêvais probablement pas, mais je ne compris pas ce qu'elle disait. Ce n'était pas du japonais.

- Quoi ? marmonnais-je.
- Oups, chuchota la voix, avant de dire plus haut : Qui tu es ?


C'était... une voix d'enfant ? Purée, fais fonctionner ton cerveau Teruki, m'ordonnais-je mentalement. Peu à peu, les souvenirs se firent plus précis. Miku et Takuya qui s'étaient encore disputé, Hana, le whisky. Beaucoup trop. Je poussais un bruit mi-grognement mi-gémissement et entrouvrit les yeux. Deux autres yeux, d'un bleu étincelant, me faisaient face, et me firent reculer brusquement la tête dans une exclamation surprise. Des cheveux blonds apparurent dans mon champs de vision, courts et lisses. L'enfant réitéra sa question, penchant la tête sur le coté.

- Toi, qui tu es ? protestais-je, comme un gamin.
- Illian, lança-t-il avec un grand sourire. Alors ? T'es un ami à M'ma ?
- À qui ?
- Illian, gronda une voix depuis la porte.


Le petit se retourna, et eut un rire gêné. Je levais les yeux au-dessus de sa tête et vit une autre tête blonde. Une plus familière. Hana eut un regard de reproche, qui ne collait pas du tout avec son sourire en coin, et fit quelques pas dans la chambre.

- Je t'avais dit de en pas aller dans la chambre, non ?
- Eh eh, désolé... fit Illian en se frottant la tête.
- Tss. Allez, file voir papa.


Il obéis et quitta docilement la chambre. Hana soupira, retira ses chaussons et grimpa sur le lit. Puis elle se laissa tomber en plein milieu et me fixa.

- Il t'a réveillé ? Je suis désolée.
- Pas vraiment... T'inquiètes pas. Moi, je suis désolé. D'avoir monopoliser ton temps, ton appartement, ton lit et ton whisky, précisais-je.


Elle éclata d'un rire frais et clair. Puis elle désigna la table de nuit d'un geste de la tête. J'y vis un verre d'eau et un tablette de ce qui était probablement de l'aspirine. Prévoyante... Je la remerciais et avalais deux comprimés d'un coup. Je n'avais pas particulièrement envie d'avoir la tête sur le point d'exploser pendant trop longtemps...

- J'en reviens pas, murmurais-je en m'appuyant contre la tête de lit. Takuya est amoureux de Miku...
- Hm.
- Et tu le savais...
- Désolée...
- C'est qui ce gamin ?
- C'est mon neveu. Je t'avais un peu parlé de lui, je crois, répondit-elle, pas le moins du monde déroutée par le changement de sujet. Bon, la salle de bain est au fond à gauche, tu peux prendre une douche si tu veux. Il y a des fringues qui devraient t'aller dedans...


Encore un peu dans les brumes du sommeil, j'acquiesçais en la remerciant à nouveau. Je suivis ses directives et atterrit dans la salle de bain. Tandis que l'eau chaude coulait le long de mon corps, j'ordonnais mes pensées. Et décidait que, à l'avenir, j'éviterais de boire autant chez quelqu'un... J'entendis la porte s'ouvrir, des pas. J'attendis d'être sûr que la porte s'était refermée avant de sortir. Une serviette avait été posée sur le meuble. Je la sais, me séchais, et pris quelques vêtements parmis le tas posé à coté. D'ailleurs, que fesaient des vêtements masculins chez Hana ? Vraiment louche...Une fois habillé, dans ces vêtements un peu trop grand, je descendis au salon. Depuis les escaliers, le rire clair d'Hana me parvenait et je pouvais la voir dans la cuisine, et descendant un peu plus, j'aperçu un grand homme, source de ses éclats de rire. Apparement, il tentait de goûter au plat tout en tenant la cuisinière et en évitant ses coups de baguettes. Quel tableau! XD

- Aiiie ! geignit soudain le type, sautillant sur une jambe et à moitié mort de rire. Pourquoi tu me donnes des coups de pieds, n'Hana ?! ><
- Tous les moyens sont bons pour me débarasser de toi.
- C'est méchaaaant... Oh, ton invité est là.


Soudain, il n'y eut plus que le bruit de la télé pour emplir la pièce. J'esquissais un sourire, ne sachant trop quoi faire, puis amorçais un pas hésitant vers la cuisine. Hana se reprit et vint à ma rencontre, suivie de prés par l'inconnu.

- Teruki, un ami, présenta-t-elle. Et je te présente Kyo, un ami aussi, et papa de cette tête blonde...
- Accessoirement ton beau-frère, je te rapelle. Enchanté, fit-il en me tendant une main.
- De même, ris-je.


Sur ces présentations sommaires, Kyo m'invita à me mettre à table, hana étant repartie dans la cuisine chercher le plat. Je m'assis donc, et jetait au passage un coup d'oeil à la pendule : il était midi passé. Je frolais la crise cardiaque, puis commençait à m'affoler. Nous étions censés être en enregstrement, et j'avais un peu raté toute une matinée. Déjà qu'on avait dû écourter celui d'hier, et maintenant voila que je séchais ce matin... Les troisautres me regardèrent paniquer une bonne dizaine de minutes avant qu'Illian fasse remarquer, de sa petite voix :

- Ca sert à rien de t'énerver maintenant, c'est trop tard.

Je me figeai net et lui lançait un regard... choqué, halluciné, déconcerté, blasé. Tout ça à la fois, si possible...

- La vérité sort de la bouche des enfants, renchérit sa tante.
- Merci pour votre réconfort, vraiment... Ca me touche, fis-je ironiquement.
- Exact. J'sais pas trop c'que t'as raté, mais... tu peux pas remonter le temps, alors zen.


Je soupirais et Kyo, qui venait de parler, me tapota l'épaule avec un sourire condescendant. Je me laissais retomber sur la chaise et plantait rageusement mes baguettes dans une bulette de viande, qui n'avait rien demandé. Le repas se déroula ensuite tranquillement. De toute façon, l'enregistrement d el'aprés-midi ne commençait qu'à 14h... Puis soudain, je demandais où était la soeur d'Hana. Voyant ici le fils et le père, je supposais qu'elle était venue aussi, mais je en l'avais pas encore aperçue... À cette question, Hana se figea. Arrêtant de manger, elle reposa ses baguettes au bord de la table, et je remarquais que ses mains tremblaient légèrement. Illian et Kyo s'arrêtèrent et levèrent le syeux vers elle, puis ce dernier recommença à manger lorsque sa belle-soeur pris la parole. Un doux sourire ornait son visage lorsqu'elle planta ses yeux dans les miens.

- Leila... Ma soeur, n'est pas là. Elle est décédée, il y a un bientôt sept ans.
- Oh. Je... Désolée, je ne savais pas. Pardon.
- Tu n'as pas besoin de t'excuser, rit Kyo. Cette tête en l'air aurait dû le dire plus tôt.
- Maiis! >< Arrête de me chercher, méchant garçon!


Ils partirent en éclats de rires tandis qu'Hana essayer de frapper le brun avec ses baguettes, depuis l'autre bout de la table. Je les fixais, sans réussir à me joindre à leurs rires, sans comprendre. Comment pouvaient-ils se comporter si... joyeusement aprés avoir évoqué la mort d'une personne -sans aucun doute aimée ? Mais même avant ça, quand j'avais gaffé, l'ambiance était restée légère, il n'y avait pas eu ce genre de silence lourd qui nous fait comprendre sur le champs qu'on aurait mieux fait de se taire. Jusqu'au bout, je m'attendais à uen réponse complètement différente de celle qu'Hana m'avait donnée... Du genre "Elle dort" ou un truc dans le genre --'
Lorsqu'elle se fut calmée, Hana entreprit de débarasser la table. Illian était allé chercher le serpent et jouait maintenant avec lui sur le canapé -dont j'évitais précautionneusement de m'approcher-, et son père alluma une cigarette à coté de moi, l'air soucieux et pensif. Je suivis son regard. Elle faisait la vaisselle tout en fredonnant un air, mais je ne voyais que ses lèvres bouger.

- Il y a un problème ? demandais-je à Kyo, me tournant à nouveau vers lui.
- Non. Pas vraiment... corrigea-t-il aprés m'avoir dévisagé un instant. Je me fais encore du souci pour trois fois rien, elle avait peut-être raison...


Il soupira et son regard se fit vague, un léger sourire sur ses lèvres. Le même que celui qu'avait habituellement Hana...
Peu de temps aprés, je quittais l'apartement pour retourner en studio. À peine avais-je passé le pas de la porte, Akiharu et Yuuki me sautèrent dessus. Au propre comme au figuré. Le premier entreprit de me secouer comme un prunier en répétant à quel point il s'était inquiété. Heureusement -ou presque- Shinya intervint et lui demanda de me laisser respirer.

- Qu'est ce que tu fichais, bon sang ? s'exclama Yuuki. On s'est demandé où t'étais passé...
- Ah, désolé... Je suis allé chez Hana hier- Un silence plus-lourd-tu-meurs s'abattit dans la salle. Et j'ai un peu forcé sur la bouteille.
- Et qu'est ce que tu faisais chez elle... ?
- J'me le demande vraiment, répondis-je, songeur.


Après avoir reçu le savon du siècle de la part du manager, qui avança l'argument terriblement convaincant du "Tu es censé montrer l'exemple aux jeunes", nous commeçâmes enfin l'enregistrement.


- Pov Omniscient -

Cela faisait presque six longues heures qu'ils enregistraient, et Akiharu ne cessait de se plaindre. Les autres supportaient ses geignements en silence, poussant une petit soupir exaspéré de temps en temps, apathiques. Soudain, Yuuki se leva pour sortir. Une subite envie de fumer... Il traversa rapidement les couloirs tout en sortant son paquet. Il en tira une cigarette et l'alluma tout en passant les portes vitrées à ouverture automatique du studio.
Les rues d'Akihabara étaient proprement bondées, malgré l'heure "tardive". Hana faisait onduler son corps entre les passants, prenant garde à ne pas les frôler. Une idée venait de lui traverser l'esprit. Elle ne pouvait pas s'empêcher de l'écouter et alla jusqu'à la gare la plus proche. Moins de vingts minutes plus tard, elle arrivait à destination. Elle longea la rivière lentement, et son regard fut attiré vers une silhouette appuyée au grillage.
Le vent de ce début de soirée ébouriffait ses cheveux châtains et faisait tourbillonner la fumée de sa cigarette. Poussant un soupir, Cristofer tenta de se caler un peu plus confortablement contre la clôture et tira une nouvelle bouffée. Il secoua la tête dans une vaine tentative de remettre ses mèches en place, et son regard s'accrocha. Une forme qui s'approchait, doucement mais inexorablement. Il quitta le grillage et fit quelques pas en avant.

Yuuki se figea sur la devanture du studio, fixant la scène depuis l'ombre.
Hana s'arrêta arrivée à coté de l'homme, tournant uniquement son regard vers lui.
Cristofer se tourna soudain pour la pousser contre la clôture grillagée, sans douceur.
Celle-ci s'ébranla dans un bruit métallique lorsqu'un dos la heurta, tandis qu'un sac tombait mollement au sol. Le visage de sa propriétaire n'exprima aucune émotion malgré sa douleur. Hana sentait l'haleine chaude du blond contre sa nuque, mais ne fit aucun mouvement. Un nez frais s'y déposa, se faufila jusqu'à sa clavicule, puis entreprit de remonter la courbe de son cou.

- Tu ne me repousse même pas... souffla-t-il.
- Ca te ferais trop plaisir.


Le nez glissa le long de la mâchoire d'Hana et s'arrêta de l'autre coté. Cris eut une léger rire, et ses dents mordillèrent la base du cou opalin, provoquant un léger frisson. Il remonta une main entre les omoplates saillantes et enroula son autre bras autour de la taille de la blonde, collant leurs corps autant que possible. Hana restait immobile entre ses bras, comme une vulgaire poupée de chiffon, les bras pendant de chaque coté de son corps. Cris se recula légèrement le temps d'un regard, brûlant, avant de s'emparer violemment des lèvres de son vis à vis. Il les écrasa, les malmena, mais pas un bruit de lui répondit, même lorsqu'il les mordit. Aprés quelques instants de vains efforts pour obtenir une quelconque réaction, il s'écarta finalement de la blonde, une main toujours posée sur sa hanche. Ses traits impassibles, le regard inexpressif et hautain que lui lançaient ses yeux bleus... Cris se rappela pourquoi il avant tant convoité cette gamine, neuf ans plus tôt. Il recula de plusieurs pas.

- Je ne veux plus jamais te croiser prés d'eux, dit Hana, du bout des lèvres.
- Compte sur moi. J'sais que t'aime pas qu'on touche à tes jouets, nargua-t-il sur le même ton.
- Je ne joue pas avec les gens pour qui j'éprouve plus que de l'indifférence...


Son ton s'était fait presque suppliant, semblant lui dire "Ne crois pas que j'ai joué avec toi". L'autre se retourna, lui offrant une vue superbe sur sa veste en cuir, et lâcha un "Je sais". Il était sûr et certain qu'à cet instant, ses yeux s'étaient recouverts d'un voile brillant... Un sourire amer étira ses lèvres et il partit, songeant qu'elle n'avait pas changé.
Hana clôt ses paupières et serra les mâchoires, puis elle se retourna également. Yuuki l'observa tandis qu'elle ramassait ses achats et marchait lentement vers la porte vitrée. Vers lui. Lorsqu'elle fut à son niveau, Hana tourna son visage vers lui. Elle lui adressa un léger sourire, complètement différents de ceux ordinaires. Comme un sourire d'excuse. Et de son regard un peu perdu coulèrent deux uniques larmes, dont le chemin brilla sous la lumière intérieure.



_________


J'ai écrit le dernier Pov à 3h du mat' passées, sous l'influence d'une forte dose de théine et d'horribles douleurs, pardonnez-moi ! *s'agenouille*
Bref-heu. Vous survivez aux cours ? Vous arrivez à dormir la nuit et vous êtes relativement motivé(e)s la journée ? XP [Celle qui a 3 "Oui", elle a bien de la chance X'D]
Je tien tout de même à vous avertir qu'étant en Terminale Suicidaire, je dois malheureusement travailler énooooormément, cela s'ajoutant à mes futures heures de sports Extra Sco., je serais beaucoup plus lente à écrire. Parce que j'ai plein d'idées toues mélangées dans ma tête, mais pas le temps de me connecter !! >< Rah. Mais OSEF de ma vie...
Sinon, ce chapitre ? =X J'en suis moyennement satisfaite, mais c'est votre avis qui compte, après tout =)

Today, 22 commentaires pour la suite. Parce que vous savez que j'aime pas les nombres ronds...

Bisous à tou(te)s _ Mai. =3

# Posté le jeudi 18 juin 2009 10:06

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 09:22

# 09 - Nous n'avons simplement pas pris le même chemin...

 # 09 - Nous n'avons simplement pas pris le même chemin...
- Pov Shinya -

J'avais eut un mauvais pressentiment, lorsque mon taxi s'était arrêté en face de cet immeuble. Rien que voir les deux véhicules garrés devant m'avait paru louche. Je descendis, payait le chauffeur, et contournait les-dits véhicules pour pénétrer dans l'immeuble.

- Ah, te voila! lança une voix depuis les escaliers.
- C- C'est quoi, tout ça ? demandais-je dans un rire nerveux.


J'eus droit à un sublime tirage de langue pour toute réponse, et Hana m'ordonna d'aller aider à décharger le camion. Je la fixais, ahuri. C'était ça qu'elle entendait, quand elle parlait de me "changer les idées" ?! Voyant que je ne réagissais pas, la blonde soupira et m'entraîna par la main jusque devant un sofa et un homme. Probablement un employé de je-ne-savais-où. Puis elle me lâcha et alla aider un deuxième homme à fixer ce que j'identifiais comme un lave-linge sur son dos, saisit un carton long et monta à sa suite. Mon regard alla de l'homme en face de moi au sofa. Je poussais un soupir de désespoir en attrapant le coté face à moi.

Quelques heures plus tard, je me laissais glisser contre le mur dans un soupir de soulagement. C'était enfin terminé, tous les meubles -d'ailleurs, pourquoi acheter autant de choses d'un coup ? ><- avaient été monté, et j'étais complètement vidé de mon énergie.

- Je t'aurais bien proposé à boire, lâcha Hana en s'asseyant à coté de moi, mais c'est un peu vide...
-C'est rien, dis-je dans un rire. Franchement, je pensais pas que tu pouvais te payer un truc comme ça...
- Ne parlons pas des sujets qui fâchent...


Elle eut un rire, puis soupira et s'appuya contre mon épaule. Nous restâmes un long moment comme ça, sans parler ni bouger. On se contentait de récupérer un peu de la fatigue. Puis soudain, la blonde se leva et me tendit une main avec un sourire chaleureux, disant qu'il fallait "penser à rentrer". Je la fixais, perdu dans mes pensées. Je me demandais vraiment comment elle faisait pour agir aussi... normalement. Comme si apprendre que je me droguais ne lui faisait ni chaud ni froid, alors que ça n'avait pas l'air d'être le cas, ce matin. Je ne comprenais vraiment pas. Hana me pressa, et je finis par saisir sa main et me laisser entraîner dehors. Nous nous séparâmes à la gare, vu que nous prenions deux trains différents. Lorsque j'arrivais à l'appartement, je filais directement dans ma chambre et me jetais sur mon lit. Je m'endormis peu de temps après...


[Ellipse - 2 mois plus tard]
- Pov Akiharu -

J'attrapais la bouteille d'eau posée sur un fauteuil tout en regardant Shinya commencer un morceau. Il avait du jouer le précédent plusieurs fois, faisant plusieurs fausses notes. Il ne devait vraiment pas être en forme... D'ailleurs, son visage était un peu plus pâle que d'habitude. Cela faisait quatre jours entiers que nous étions enfermés en studio d'enregistrement, ce qui expliquait peut-être tout. On était tous épuisés, après tout. En ce moment-même, Teruki dormait carrément sur le canapé et Yuuki avait le nez dans un magazine dont il n'avait pas tourné la page depuis une bonne demi-heure. Seuls Takuya et moi étions relativement éveillés, mais il était absolument hors de question que j'engage la conversation avec lui. Je soupirais, me levais et sorti, direction les WC.
Tandis que je me lavais les mains, je remarquais dans le miroir une silhouette. Sa silhouette, appuyée contre le mur derrière moi. Je fis comme si je en l'avais pas vu, malgré que ma gorge se soit serrée, et me dirigeais vers la porte. Sa main m'arrêta en saisissant mon poignet, et je me stoppais.

- Akiharu...

Me composant un air impassible, je me retournais vers lui.

- Qu'est ce que tu veux, Takuya ?
- Il faut qu'on parle, murmura-t-il en évitant mon regard. On peut pas continuer comme ça, à s'éviter, à s'engueuler pour rien...
- Ça, c'est pas de ma faute.
- Bien sûr, bien sûr. Tout est de ma faute, et le monde entier sait qu'Akiharu Tsukiyama est blanc comme neige ! lança-t-il, d'un ton ironique.
- Oui ! Si t'avais pas balancé ça comme ça aussi... Nan, si t'en avais même jamais parlé, ça se passerait pas comme ça!
- Mais merde! Je t'aime.
- Pas moi ! crachais-je.


Un éclair de douleur traversa ses pupilles. Alors que je tentais d'en cacher une autre, qui me vrillait le coeur. Je me forçais à soutenir son regard malgré tout, jusqu'à ce qu'il fasse demi-tour et sorte en courant. Sitôt la porte refermée, je laissais tomber mon front contre le mur carrelé et fermait les yeux, mordillant ma lèvre inférieure. Mais quel crétin je faisais...!

- T'es vraiment con, lança une voix. Bien que je ne sois pas le mieux placé pour dire ça...

Je tournais légèrement la tête et aperçut Teruki, appuyé contre le chambranle de la porte. Son regard me disait plus que clairement ce qu'il pensait, et moi aussi : c'est-à-dire, que j'étais un imbécile finit. Je soufflais.

- T'étais pas censé dormir, toi ?
- Avec le bruit que vous faites... Enfin franchement, tu pourrais faire un effort et être plus aimable.
- Je suis aimable ! protestais-je.
- Tu l'aimes, oui ou non ?


Je me tut et me contentais de retourner mon visage vers le sol, détaillant les joints noircis d'un air passionné. Est ce que je l'aimais ? C'était une très bonne question. Mais je n'avais tout simplement pas de réponse. J'aurais voulu lui dire que non, mais... Quelque chose m'en empêchait, un doute. Ou peut-être qu'au fond, je connaissais la réponse à cette question, mais que je ne voulais simplement pas me l'avouer.

- Qu'est ce que tu fais encore planté là ? repris Teruki, semblant considérer mon silence comme un "Oui".

Comme je ne lui répondait toujours pas, Teruki finit par soupirer avant de sortir. Et je me retrouvais seul avec mes pensées embrouillées, encore une fois. Sa question m'avait rappelé celle qu'Hana m'avait posée, ce jour-là.

[Flash Back]

- Raconte-moi ce qu'il s'est passé avec Takuya, ce jour-là.

J'entrouvris la bouche sous la stupeur. Un instant, je songeais à feindre ne pas savoir de quoi elle parlait... Son air inflexible m'en dissuada. Elle ne me lâcherait pas, je le sentais. Je soupirais, puis commençais à lui raconter. Tout.
Le concert, l'hôtel, la chambre. Et puis Takuya... Son baiser, sa déclaration enflammée, et comment je l'avais repoussé. Tous ces sentiments qui m'avaient traversés à ce moment, ceux qui me hantaient à aujourd'hui. Les mots coulaient, se glissaient tous seuls entre mes lèvres. Étrangement, plus je parlais, plus je me sentais bien, comme libéré d'un poids. Hana se tut pendant tout ce temps, écoutant seulement sans m'interrompre. Elle resta muette encore quelques instants lorsque j'eus finit, avant de me demander pourquoi je l'avais repoussé.

- Je ne sais pas... répondis-je honnêtement.
- Est ce que ça te... dérange, parce qu'il est un homme ?
- Non! Non...
- Tu l'aimes ?
- Je... commençais-je.


Puis je m'arrêtais, ne sachant trop que dire. Ni même que penser. Un silence s'installa, mais un silence léger, calme. Puis je murmurais, le plus bas possible :

- Je crois que j'ai peur.
- Pourquoi ? demanda Hana.


Sa voix toujours si douce me réconfortait un peu. Alors je lui expliquais, comme je le pouvais. Si jamais ça ne marchait pas, si je le blessais, si on finissait par mettre en péril le groupe, si le regard des gens changeait... Toutes ces inquiétudes installées au fond de moi.

[ Fin Flash Back]

Je me demandais encore pourquoi j'avais été tellement... honnête, avec Hana. Qu'est ce qui avait bien put me prendre pour que je lui racontes ma vie. Le bruit des pas de Teruki s'éloignant de moi retentit, après un soupir et un marmonnement incompréhensible. Je n'étais pas sûr de l'aimer, à vrai dire, mais je n'étais pas sûr du contraire non plus. La peur était tellement forte qu'elle étouffait tous les autres sentiments, au fond de moi. Alors je m'étais dit que si je réussissais à lui faire lâcher prise, tout redeviendrait normal. J'avais commencé à être plus froid, plus distant, plus désagréable envers lui, m'accrochant à ce mince espoir. Mais le petiot était têtu, apparemment...
Quelques minutes plus tard, un Shinya plus blanc que neige vint me trouver pour me dire que c'était à mon tour d'enregistrer. Il avait l'air encore plus malade que tout à l'heure... Cependant, lorsque je lui demandais s'il allait bien, il m'assura que oui, et qu'un café suffirait à lui redonner de l'énergie. À moitié convaincu, je me levais à contre-coeur et allait rejoindre la salle d'enregistrement. Mais le coeur n'y était pas, et mes piètres performances vocales étonnèrent autant mes amis que notre manager.


- Pov Takuya -

Je sortis en trombe des toilettes et fonçait vers les escaliers, bousculant quelqu'un au passage. Mais sans prendre le temps de m'excuser, je grimpais le smarches quatres à quatres jusqu'à atteindre le toit. Je contournais le mur de la cage d'escaliers, me laissait tomber au sol dans un gémissement étouffé. Ce type était probablement l'homme ayant le moins de tact que j'ai jamais rencontré. Franchement, qu'est ce qu'il m'avait pris de tomber amoureux d'une tête de mule pareille, d'un mec froid et bourrin ?! Si j'étais en face de moi, je me mettrais sûrement quelques giffles, histoire de me réveiller...
Des larmes roulaient sur me sjoues, à la fois de tristesse et de rage. Akiharu avait le don d'à la fois me blesser profondément et m'énerver superbement....

- Fais pas attention à ce qu'il dit.

Je tournai vivement la tête et me retrouvais face à Teruki. Je ne l'avais même pas entendu arriver... Il semblait perdu dans ses pensées. Puis il se laissa tomber contre le mur à coté de moi et me tira contre lui.

- Allez, fais un calin à papa Teruki, rit-il.

J'émis un son étranglé, à mi-chemin entre le rire et le sanglot. Sa main me frottait doucemment le dos tandis que je continuais à pleurer sur son épaule. Nous restâmes comme ça un long moment, sans briser le silence de ce toit.

- Je le comprends pas, murmurais-je.
- Moi non plus. Enfin, je crois qu'en fait il a peur, réctifia Teruki. Et il doit penser que t'envoyer chier comme ça te fera lâcher le morceau. C'est pour ça que ej te dit de pas faire attention à ce qu'il dit...
- Mais ça fait mal!
- Je m'en doute... Excuse-le, s'il te plaît.


Je ne répondit pas et me renfrognais quelques peu. C'était bien beau de dire ça, tiens. Il n'était pas à ma place... J'étais censé supporter et pardonne le fait qu'il me blesse ? Ben voyons.


- Pov Illian -

Contrairement à l'habitude, ce fut une douce caresse sur ma joue et un murmure dans la pièce qui me réveillèrent. Je m'agitais un peu dans les draps, n'ayant pas trop envie de quitter leur douce chaleur. Mais la voix se fit plus pressante, et je consentis à ouvrir un oeil. Je dû battre plusieurs fois des paupières avant d'avoir une image nette de mon père, penché au-dessus de moi.

- File à la douche, on part dans quarante minutes, me sourit-il. Je te prépare ton déjeuner.

Partir... ? Je me redressais d'un coup en me rappelant. C'était aujourd'hui. Aujourd'hui, nous quittions l'Australie, et quand je reviendrais voir mon père, dans un mois, nous serions installés en Suisse. À nouveau, qu'il m'avait dit, mais je ne me souvenais pas de ce pays. J'étais trop petit, sûrement, quand nous y avions habité la première fois. Un sourire béat sur les lèvres, je me dirigeais à grands pas vers la salle de bain. Une vingtaines de minutes plus tard, lavé et habillé, j'allais rejoindre papa sur le canapé. Mon bol de céréales dans un main, et un verre de jus d'orange au lait dans l'autre, je tentais d'avaler le tout le plus vite possible.

- Ça ne sert à rien de te presser, tu sais. Ça ne fera pas décoller l'avion plus tôt, et tu auras mal au ventre... Ça serait bête, non ? se moqua mon père.
- M'ma viendra nous chercher ? demandais-je plein d'espoir.
- Non, elle ne peut pas. Sa voix avait abandonné ses intonations joueuses. Elle a dit qu'elle était désolée, mais tu sais qu'elle travaille. Tu seras sage avec elle, hein, 'Llian ?
- Hm.


Il m'ébouriffa les cheveux en souriant tendrement. Lorsque je fut prêt, il pris nos valises et nous descendîmes jusqu'à la voiture. Arrivés à l'aéroport, je dû encore attendre presque une heure à m'ennuyer pendant que papa réglais les rares choses à voir, avant que nous puissions enfin embarquer. J'avais toujours détesté attendre, avant de prendre l'avion. C'était pour ça que je leur préférais les trains, en fait.

J'avais dormit pendant presque tout le vol, et une fois à terre et le contrôle douanier passé, il avait encore fallut trouver un taxi pour se rendre jusque chez M'ma. La tête dans les choux et baillant à m'en décrocher la mâchoire, je suivis papa, accroché à son bras. Enfin, les escaliers furent face à moi. Soudain complètement réveillé par mon impatience, je les montait en courant, peu discret. La porte du fond s'ouvrit sur le visage que je cherchais.

- M'ma ! m'écriais-je.

Je courus me jeter dans ses bras. Elle se baissa à ma hauteur et me serra contre elle, fort, très fort. Tout en me serrant contre elle, en embrassant et caressant mon visage, mes cheveux, toutes les parties de moi qu'elle pouvait atteindre, M'ma murmurait des paroles réconfortantes. J'entendis un rire provenant de derrière moi. Je m'écartais un peu, un grand sourire heureux accroché aux lèvres, et fit face à mon père.

- Kyo, je suis contente de te voir !
- Ça fait longtemps, murmura celui-ci en posant les valises pour lui faire la bise, Hana.



_________


Coucou les gens ^^
Pardonnez-moi l'attente que je vous ai fait subir, mais vacances oblige. Tiens d'ailleurs, comment se sont passé les votres ? =)
Info-qu'on-s'en-fout, mais j'ai un nouveau blog perso (et un nouwo MSN du même pseudo) : ShinkiNoMai
J'attends de savoir ce que vous pensez du "nouveau personnage", de ce Pov... Des idées de qui il est exactemment ? Passé, présent, futur ?
Egalement, vos suppositions sur ce qui a pu se passer pendant ces deux (longs) mois d'éclipse... =P

Pour le prochain chapitre, Mai. demande seulement 21 coms *o*



XXIème commentaire par Asuka

# Posté le mercredi 10 juin 2009 05:16

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 09:24

# 08 - Murmure. Crissement de chaise. Pas silencieux qui résonnent comme le clairon dans la pièce. Regard interogateurs. Machoires serrées et yeux brûlants. Tête haute malgré tout, ouvrant furtivement la porte. Fuite...

 # 08 - Murmure. Crissement de chaise. Pas silencieux qui résonnent comme le clairon dans la pièce. Regard interogateurs. Machoires serrées et yeux brûlants. Tête haute malgré tout, ouvrant furtivement la porte. Fuite...
- Pov Kazuhiko -

Une voix grésilla dans les hauts-parleurs, annonçant l'entrée en gare du train. Je soupirais, complètement assomé par ce voyage de plus de quatres heures, et rangeait les quelques affaires que j'avais sorties. Lorsque le train s'arrêta enfin, je me levais pour récupérer ma valise et attendit que le wagon se vide un peu avant de sortir. Ma tête était djéà assez lourde, je n'avais pas spécialement besoin d'en plus me faire bousculer dans tous les sens par la foule. Quelques minutes plus tard, je descendis donc, bagages en main, et les cherchait. Hana m'avait téléphoné tôt ce matin pour me prévenir que Teruki et Yuuki feraient partie du comité d'acceuil... Je les repèrais un peu plus loin. Hana fouillait nerveusement la foule du regard, pas vraiment du bon coté cependant, et ce fut Teruki qui me repéra le premier. Ses lèvres remuèrent et il fit un signe de tête dans ma direction.
Un demi-dixième de seconde plus tard, les boucles blondes d'Hana volèrent et son regard se planta dans le mien. Je lui souris et esquissais quelques pas dans sa direction tandis qu'elle continuait de me fixer, immobile et se mordant la lèvre. Derrière elle, Yuuki agitait son bras dans tous les sens avec un grand sourire. Je ne l'avais pas rencontré souvent, mais il avait l'air de quelqu'un d'assez enjoué. Teruki arborait un sourire bienveillant. Je souris intérieurement en me disant qu'il ne changerait probablement jamais. J'arrivais enfin auprès d'eux, après ce qui m'avait semblé être une eternité, et tout en donnant une accolade amicale à Teruki, je glissait la main d'Hana dans la mienne. Puis je saluais Yuuki, et déposais un bisou au coin des lèvres de ma blonde préférée. Sa main serrant un peu plus la mienne et son regard tendre furent ma seule réponse. Je passais un bras autour de ses épaules et nous nous dirigeâmes tous le squatres vers la sortie.

- Bon, lança Teruki un fois dans la voiture, on va où ? Chez toi ou chez nous ?
- Bah chez vous, sinon Aki-chou va me tuer. *.*


Pendant tout le trajet, Hana resta assez "distante" avec moi. Elle se contentait de m'autoriser à serrer sa main et jouer avec ses cheveux. J'avais l'habitude, elle était toujours comme ça : aucunes démonstrations en publique, que ça soit d'affections ou de colère. Souvent, dans sa manière d'agir, je me disais qu'elle était vraiment une pure japonaise. Mais mon subconscient me corrigeait toujours XD Une fois arrivés, nous laissâmes ma valise dans le coffre et montâmes directement.
Akiharu trépignait devant la porte et se jeta sur moi dès qu'il m'aperçut... en plein milieu des escaliers. Finalement, peut-être essayait-il de me tuer.Je me laissait étreindre en riant, protestant un petit peu pour la forme.Lorsqu'il se décida à me lâcher, nous rentrâmes dans l'appartement. Ça faisait vraiment... bizarre, de revenir ici en tant qu'ami, et non comme membre du groupe. Je saluais Takuya, qui passa devant nous sans un mot ni un regard. En revanche, un regard lourd de sens fut échangé par Hana, Yuuki et Akiharu, même si la raison m'échappait.

- Où est Shinya ? demandais-je soudain, surpris par son absence.
- Il dort encore... répondit Akiharu dans un murmure.


Il jeta à nouveau un drôle de regard à Hana, qui ne sembla pas le remarquer tant elle était perdue dans ses pensées. Il se tramait des trucs que j'ignorais, ici >< Boucle d'or sortit de sa rêverie quand je l'attirai avec moi dans le couloir, dans l'intention ferme d'aller réveiller cette grosse marmotte fainéante. Mais je m'arrêtais devant la porte de sa chambre sans l'ouvrir. Hana tendit le bras pour le faire à ma place, releva un visage feignant la surprise lorsque mes doigts se refermèrent sur son poignet, puis ferma les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, j'y lu tout l'amour du monde. Je la tirais contre moi tout en reculant pour m'appuyer contre le mur opposé, la serrait dans mes bras. Mon nez enfouit dans ses cheveux, j'inspirais à pleins poumons l'odeur fruitée de son shampoing, qui finissait par imprégner sa peau. Je resserrais un peu plus mon étreinte tandis que ses doigts remontaient le long de mes bras pour venir agripper mes épaules. Nous restâmes ainsi un moment, accrochés l'un à l'autre comme à des bouées de sauvetage. C'était peut-être ce que nous étions devenus, finalement...
Quand Hana m'eut repoussé pour retourner au salon, alors seulement je poussais la porte de la chambre de Shinya. Il était allongé complètement en travers de son lit, les draps dans tous les sens, comme s'il s'était agité. Je m'approchais silencieusement, puis sautait sur le lit et lançait :

- Bouh !
- Kakun ! s'exclama-t-il après s'être redressé d'un bond.
- En chaire et en os ^^ Alors comme ça, tu te lèves même pas pour acceuillir ton meilleure ami ? le taquinais-je.
- Désolé... J'ai pas pensé à mettre mon réveil ou quoi, hier soir... Roh, et puis ils auraient pu me réveiller, ces boulets ! ><


Je ris doucement à cette dernière remarque. Soudain, je l'attrapais par le bras et le tirais en direction de la sortie, sans tenir compte des protestations de Monsieur. Nous passâmes la fin de l'après-midi et une bonne partie de la soirée à parler de tout et de rien, à rire pour des bêtises, bref à se détendre. Au début, il m'avait semblait sentir quelques tensions, mais je ne m'en suis pas formalisé : il arrivait à tout le monde de se brouiller avec quelqu'un, à un moment donné. Il n'y avait sûrement pas de quoi s'inquiéter, et tout se passa bien, donc... Teruki s'éclipsa un instant pour commander des pizzas, aucun de nous n'ayant particulièrement envie de cuisiner, et la soirée suivit son cours. Nous nous couchâmes seulement tard dans la nuit, ou tôt le matin. Takuya s'étant endormi sur le canapé, Akiharu plaça une couverture sur lui et je pris sa place dans la chambre de Teruki*.


- Pov Hana -

Je fus réveillée en sursaut aux alentours de midi par une vive douleur dans la poitrine et une quinte de toux assez violente. Après m'être "soignée" et avoir glissé une souris dans la cage de Sloth, je me levais et traînait ma carcasse jusqu'à la cuisine. Je restais plantée sur le seuil de la porte un long moment, les yeux perdus dans le vague, avant de me secouer mentalement. Je me jetais, presque littéralement, sur la cafetière tout en prenant un yaourt dans le frigo. Mes caprices matinaux satisfaits, je me dirigeais jusqu'au salon pour y découvrir un Takuya toujours endormis et ronflant. Soupirant un peu, je remontais la couverture jusqu'à ses épaules et m'assit par terre, le dos contre le canapé. Je ne savais pas combien de temps je restais ainsi, encore à moitié endormie, mais je sortit de la transe en sentant du mouvement. Derrière moi, Takuya se redressa en baillant aux corneilles et j'attendis une de ses remarques acides injustifiées qui ne manquaient jamais de me faire sourire. Cependant, rien ne vint après qu'il eut posé ses yeux sur moi. Quelques minutes plus tard, Teruki suivit d'Akiharu vinrent nous rejoindre dans notre tentative de statuficaion.

- Allez, lançais-je soudain en me levant d'un bond. Debout, on se bouge, là! On dirait des vieillards écrasés par le poid du monde.
- T'es bien énergique dès le matin, bailla la voix de Yuuki depuis la porte.


Je me retournais et lui adressais un grand sourire, bien décidée à motiver ces jeunes. Je traversais le couloir d'un pas sautillant, allant réveiller Kazu et Shinya, puis entreprit de faire réchauffer les restes, une fois de retour à la cuisine. Je fus bientôt rejointe par les garçons et nous nous attablâmes en silence. On dormait encore un peu debout XD

- Au fait, Kazu, commençais-je, tu peux te porter garrant pour mon appartement ? J'ai pas très envie de demander à Chi-chan...
- Hun-un, pas de problèmes. De toute façon, c'est pas comme si tu ne pouvais pas payer le loyer... rit-il.
- C'est qui Chi-chan ?
- Une de mes soeurs, Yuuki. Merci =)
- Une ? Tu en as combien ? renchérit Teruki.
- Trois, répondit Kazu à ma place.


Son ton laissait entendre que la conversation s'arrêtait là. Je m'étais figée à la question de Teruki, ne sachant trop que répondre et ne désirant pas m'attarder sur ça. Ma famille avait toujours était un sujet délicat... Mais ils ne pouvaient pas le savoir, donc je ne leur en voulait pas. Je remerciais Kazu du regard et retournais à mon repas.

Plus tard dans l'après-midi, Teruki nous emmena chez Kazu. Celui-ci rangea ses affaires, puis nous partîmes à mon "nouveau chez moi". Kazu avait commencé à me regarder bizarrement quand on était arrivés dans le quartier de Ginza, et il me regardait encore plus bizarrement maintenant que nous étions dans l'immeuble, en train d'attendre l'agent immobilier. Ce dernier arriva quelques minutes plus tard et nous entrâmes. Kazu me fixa avec des yeux exorbités et siffla à voix basse :

- Tu oses appeler ça un "appartement" ?!

Je lui adressais un sourire désolé et l'entraînais avec moi afin de lui faire visiter. Quelques mètres après l'entrée, juste à droite, il y avait un cuisine, séparée du grand salon -qui m'avait fait craquer- par un passe-plat. Toute la façade nord de ce salon était constitué de baies vitrées donnant sur un grand balcon. L'étage était en mezzanine et comportait deux chambres et la salle de bain ; au même endroit en dessous, se trouvaient un bureau et une grande pièce. L'espace, le prix et le quartier avaient suffit à me séduire.
Nous rejoignîmes l'agent, qui patientait dans la cuisine. Il avait sortit les papiers en nous attendant. Kazuhiko pâlit considérablement en lisant le contrat, mais il signa tout de même, la main tremblante. Après nous avoir remercié et donné la clé, Mônsieur s'en alla.

- Vraiment désolée... couinais-je lorsque la porte se fut refermée sur lui.
- Je t'en veux pas, Hana. Mais bon Dieu! J'ai faillit avoir une attaque...
- T'inquiète pas, j'aurais toujours de quoi payer.
- Je sais, soupira-t-il. Mais quand même... Trois millions et demi**, Hana! C'est, c'est... Énorme. Tu te rends compte c'est c'est le salaire annuel de la plupart des japonais ?!


Je grimaçais. Il n'empêchait que c'était une bonne affaire : pour le même prix, j'aurais dû avoir un appartement deux fois plus petit, dans ce même quartier. Je n'avais pas pu m'en empêcher. Sûrement ma nature d'enfant pourrie-gâtée qui ressurgissait XD Et puis comme je l'avais dit, j'aurais toujours assez d'argent pour payer. Avoir un garrant n'était qu'une simple formalité... Depuis que j'avais 15 ans, j'avais toujours travaillé en plus de mes études, et mon père versait chaque mois une belle somme sur mon compte. Même si l'idée de recourrir à Son argent m'était insupportable, j'avais pris l'habitude d'en prélever une partie que je mettais de coté, sur un autre compte auquel je ne touchais jamais... En cas de problèmes.
Continuant sur ma lancée, je fis faire un double des clés pour Kazu. Puis je l'entraînais faire les magasins afin d'acheter le mobilier manquant. Grand bien m'en prit, car il modéra ma folie dépensière. Je m'arrangeais pour que tout me soit livré le surlendemain après-midi et nous rentrâmes chez Kazu. À peine rentrés, il s'écroula sur son canapé.

- Tu m'a tué, gémit-il. Plus jamais les magasins avec toit, c'est trop crevant.
- Va au moins te coucher, sinon tu va t'endormir ici.
- Pas grave...


Je ris en voyant qu'il somnolait déjà à moitié. Je partis dans la chambre chercher une couverture puis revint m'allonger à ses cotés. Kazu enroula ses bras autour de ma taille et me serra contre lui. Je jetais la couverture sur nous et fermais les yeux. Maintenant que j'y pensais, j'étais vraiment... fatiguée.


- Pov Cris -

Je vérifiais une nouvelle fois l'adresse puis entrait. C'était un poids de devoir amener sa "commande" à quelqu'un, mais bon... Il payait bien, alors je n'allais pas faire de caprice. Je soupirais légèrement et montait les trois étages. La porte de son appartement s'ouvrit au moment même où je levais la main pour frapper. Manque de chance, ce n'était pas celui que je cherchais... Il aurait au moins pu prévenir qu'il ne vivait pas seul --'

- Hum, excusez-moi, commençais-je. Je voudrais voir Shinya-san.
- J'ai bien peur que ça ne soit pas possible.


Sa voix était doucereuse alors que la femme qui s'apprêtait à sortir s'était figée sur le seuil. Quelques mèches s'échappaient de son chignon serré pour venir chatouiller sa nuque et elle gardait obstinément le visage incliné vers le sol. Le peu de lumière dans le couloir ne me permettait pas de distinguer autre chose. Je reculais un peu lorsqu'elle fit deux pas et referma la porte derrière elle.

- Je me demandais ce qu'il se passait avec Shinya... Maintenant j'ai ma réponse, murmura-t-elle sur le même ton.

Elle me rappelait vaguement quelque chose, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Une voix caressante à travers laquelle perçait une pointe de colère, et qui me fit frissonner. Oh, oh, demoiselle. Je n'avais absolument rien fait de mal... Je reculais vivement lorsqu'elle étendit le bras, craignant un coup quelconque, mais elle se contenta d'appuyer sur le bouton-poussoir juste à coté. La lumière s'alluma, elle releva le visage vers moi. Et des yeux d'un bleu scintillant se plantèrent dans les miens. Je fus trop surpris pour réagir, ne serait-ce que pour ouvrir la bouche ou écarquiller les yeux.

- Un problème, Cristofer ?

Oui, un énorme même. Trop de questions se bousculaient dans ma tête, concernant cet instant et d'autres. La raison de ta présence ici, de ton regard plus que glacial... J'aurais voulu la connaître. Rassemblant mon peu de courage -les dealers en sont pas connus pour leur force d'esprit, il fallait l'avoue- je lui tendit le paquet destiné à Shinya.

- Tu donneras ça à Shinya, s'il te plait. Au revoir.

Je me retournais dans la ferme intention de me casser d'ici au plus vite, lorsqu'elle m'apostropha. Je détestais qu'elle prononce mon prénom, surtout avec cette voix. et cette manie d'utiliser mon prénom complet m'exaspérait.

- Tu te souviens, fit sa voix mielleuse, Cristofer, que tu me devais quelque chose ?
- Plus que bien, marmonnais-je. Arrête de prononcer mon prénom, Hana.


Effectivement, quelques années auparavant, à un autre endroit, un autre moment, elle m'avait bien aidé. Alors que je faisais l'objet d'une enquête et que j'avais toute mes chances de gagner une quinzaine d'année de prison, Hana avait presque miraculeusement fait annuler toutes les charges à mon encontre. En me précisant bien, sur ce même ton qu'elle employait à présent, que j'aurais une dette envers elle, vu "ce que ça lui avait coûté". A l'époque, je pensais qu'elle avait eu recours à des méthodes peu catholiques ; j'avais changé d'avis peu après. Elle n'était pas comme ça.

- Eh bien, autant payer tes dettes aujourd'hui.
- Qu'est ce que tu veux ? demandais-je assez sèchement, tendu.
- Je veux, Cristofer, fit-elle après m'avoir fixé un long moment, que tu te débrouilles pour que Shinya n'ait plus jamais accès à la drogue. Que ça soit par toi ou par d'autres. Compris ?


Je hochais la tête. Ce n'était pas vraiment une question. Soit je faisait en sorte que ses souhaits soient exhaussés, soit elle trouverait un moyen de me le faire payer. Elle saisit le paquet, me lança un sourire mielleux, puis rentra dans l'aappartement. Je soupirais longuement avant de faire demi-tour. Désolée, Shinya. C'était juste un coup de malchance, et...


- Pov Omniscient -
Le lendemain.

Une clé tourna dans la serrure dans un chuintement aiguë. Quelques as silencieux dans le corridor, puis une autre porte s'ouvrit. Shinya ouvrit un oeil en baillant, se demandant s'il était déjà l'heure de se lever. Il avait l'impression de n'avoir pas dormi plus de deux heures. Il se figea en plein bâillements quand il vit les contours d'une silhouette féminine passer la porte. Non, il ne s'était pas réveillé, c'était juste une impression. En fait, il s'apprêtait à faire un rêve sûrement très agréable. Cette pensée lui tira un sourire.

- Il est 10h passées. J'ai croisé Aki, il m'a chargée de vous réveiller, si vous ne l'étiez pas.

Eh bien si, il s'était bel et bien réveillé. Qui ferait des rêves dans ce genre, franchement ? Shinya grogna et sortit la tête de sous les couvertures, se frotta les yeux pour récupérer une vue plus nette. Il eut une moue boudeuse quand il remarqua que ce n'était qu'Hana, qui d'ailleurs, nota-t-il, avait l'air différente. L'objet de ses réflexions immédiate lui lança un paquet et se laissa tomber sur le lit. Elle croisa bras et jambes, se tourna vers lui avec un regard dur et lança :

- Je te demanderais pas pourquoi, comment, ou d'autres trucs dans ce genre. J'ai pas envie que tu foire ton boulot, tout à l'heure, à cause de moi. Donc on verra ça plus tard.

Le coeur de Shinya avait raté un battement. En même temps, il ne pouvait empêcher une part de lui-même d'être comme soulagé. Au moins, désormais, quelqu'un savait. Mais ce n'était pas forcément une bonne chose non plus...
Hana fixait le brun, regardant se succéder diverses émotions sur son visage.

- Ce que je sais, par contre, reprit-elle, c'est que tu ne toucheras plus à cette merde. Et qu'on va te changer les idées, bonhomme.
- Pardon ? s'étrangla Shinya. Je sais pas ce que tu comptes faire, mais c'est hors de question.
- De toute façon, je ne t'ai pas demandé ton avis. Maintenant lève-toi, sinon ils vont s'imaginer qu'ont fait des trucs louches.


Hana sourit, redevenant "comme d'habitude". Elle sortit de la chambre après un clin d'oeil et passa par la cuisine, dire au revoir à tout le monde. Ou presque : Akiharu n'était pas encore rentré de la promenade de Nyappy.

- Oh non, ne m'abandonne pas, mon amooouuur, pleura théâtralement Yuuki, avant de se recevoir un tape sur la tête de la part de Takuya. Aie ! ><
- Pff, t'es bête, soupira Teruki.
- Vous embrasserez Aki-chou pur moi ^^


Hana embrassa les trois présents. Takuya tenta de l'éviter, mais il reçut tout de même un gros poutou, sous les rires de Yuuki et Teruki. Il lança un regard noir à la blonde, ce qui l'amusa grandement. Il na comprendrait jamais. Enfin, la jeune fille les quitta.

Dans sa chambre, Shinya se décida à bouger. Les doigts tremblants, il ouvrit le paquet. La boîte était presque vide, seulement occupée par une petite carte, posée au fond. Il la saisit. Dessus, figurait une adresse, suivie d'un petit mot : "Sois-y pour 15h =P". Il fixa le bout de carton d'un air louche, puis le déposa sur sa table de nuit et sortit.


_________


Bonjour les gens x)
Le voila, le long, long, long chapitre ^^ Avec un Pov inédit, que j'ai un peu galéré...
Qu'en pensez-vous ? Je gère la fougère ou je foire la poire ? [comme on dit par chez moi XD]
& the revélation... Une autre facette d'Hana, pas encore trop bien exploitée, mais que je tenais à montrer. C'est important, pas dans l'immédiat, mais pour plus tard... Si je change pas d'avis tous les 3 jours =X
D'ailleurs, vous savez que je me surprends moi-même ? --' Cette fic est même pas encore finie (elle l'est parfois, dans ma tête XD), et l'autre jour j'ai déjà eu une idée de suite >< Ca m'a pris comme ça, dans mon bain... Enfin, on s'en fout, en plus je la posterais probablement pas alors... XD
Donc-heu. Je demanderais 23 coms pour la suite ;)

Et donc, voilà le dernier chapitre que je vous livrerais avant mon retour de vacances... Désolééééée =S
[Pour ceux que ça intéresse, j'ai eu 9 à l'écrit & 12 à l'oral ^^]

Bisous mes chous _ Mai. =3

_________

* : J'ai faillit mettre "dans le lit de Teruki", mais... Mon esprit pervers ayant réagit au quart de tour, je me suis dit qu'il fallait changer XD
** 3.5 millions de Yens ~ 25.000¤


XXIII
ème commentaire par Yuko ^^

# Posté le mardi 02 juin 2009 16:16

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 09:24

# 07 - Un jour, j'aurais pu te dire que je t'aimais. Si seulement tu étais resté auprès de moi.

 # 07 - Un jour, j'aurais pu te dire que je t'aimais. Si seulement tu étais resté auprès de moi.
- Pov Teruki -

Une sonnerie me réveilla en sursaut. Je me redressais violemment dans on lit, cherchant la source de ma mauvaise humeur à venir. Je me levais en pestant, me pris les pieds dans ma couette et manquait de tomber. La journée commençait bien... Lorsque j'atteins le meuble sur lequel reposait mon portable, c'était déjà trop tard. Je m'en saisit quand même en soupirant et parcourut la liste des appels manqués. Numéro masqué. Bah tiens! Non seulement j'étais réveillé par un appel, mais en plus le correspondant ne me laissait aucun numéro pour le rappeler!
Je me dirigeais comme un robot vers la cuisine et mit du café à couler. En attendant qu'il soit prêt, je partis prendre une douche. Histoire d'avoir un peu moins la tête sur le point d'exploser XD Lorsque j'en sortit, je nouais une serviette sur ma taille et m'appuyait sur le lavabo. Je me mit à penser aux autres, pour la première fois depuis deux jours. Je n'étais pas vraiment sûr qu'ils survivraient, sans moi pour leur rappeler de manger et de dormir... Quoique, si Aki, Shinya et Takuya étaient assez tête-en-l'air pour oublier ces besoins naturels, Yuuki était plus... "mature" ; il y penserait pour eux. Du moins, je l'espérait. Je sourit : en fait, je n'avais aucune raison de m'inquiéter pour eux. Hana était là, et depuis qu'elle était arrivée elle nous surveillait, veillant discrètement à ce qu'on se porte bien.
A nouveau, une sonnerie résonna. La sonnette, cette fois-ci. Je soupirais et enfilait un pantalon avant de sortir de la salle de bain. Sur mon chemin, j'attrapais un T-shirt posé sur le dossier du sofa et jetais un coup d'oeil à la pendule. À ma très très très grande surprise, elle affichait 15h passées. Je n'aurais pas dû me coucher si tard...

- Bonjour ^^ lança sa petite voix joyeuse. Je dérange... ?

Quand on parlait du loup... Trop surpris de voir Hana devant ma porte, je ne réalisait pas tout de suite que je n'avais toujours pas passé mon T-shirt et y remédiait. Je m'étais plutôt attendu à voir débarque Shinya, ou peut-être Yuuki, mais pas elle. Comment avait-elle eu mon adresse personnelle ? O.O'

- Non, t'inquiète, lui répondis-je en la faisant entrer. Simplement je sortais de la douche, et... j'ai été tellement surpris de te voir ici que j'ai oublié de m'habiller XD

Elle partit dans un four rire, et je me joignit à elle. Je passais juste un peu pour un imbécile, là... Lorsque nous furent un peu calmés, je la conduisit jusqu'au salon et proposait du café. Qu'elle accepta. Je m'éclipsais donc quelques secondes pour aller chercher deux tasses, et lorsque je revint, Hana était en train d'observer mon appartement. Un peu gêné, je posais les tasses sur la table et m'assit en face d'elle.

- Alors, pourquoi tu viens ici ?
- Ben, quand j'ai vu les autres... Je me demandais si tu survivrais seul, se moqua-t-elle gentiment, mais je perçu un soupçon d'inquiétude dans sa voix.
- T'inquiètes pas, tout roule ^^ Je sais m'occuper de moi... Contrairement à eux XD
- Pas à ce point-là non plus, mais... Ce sont de grands enfants.


Son ton était devenu affectueux. Je souris doucement, elle me faisait penser à une mère qui parlerait de ses gosses, c'était tout simplement adorable. D'ailleurs, elle ferait probablement une excellente mère, si elle se comportait de la même façon avec ses propres enfants. Tout d'un coup, une image d'Hana, un peu plus âgée et un bébé dans les bras s'imposa à moi. Oulah, tu dérailles sérieusement mon pauvre Teruki... Hana finit par remarquer mon regard tendre vaguement posé sur elle et détourna la tête en rougissant légèrement.

- Qu'est ce qu'il y a ?
- Rien, lui répondis-je un peu dans le vague. Je me disais juste que tu ferais une bonne mère.
- C'est ce que mon beau-frère me dit toujours... Mais je ne suis pas sûre d'avoir la "fibre maternelle", rit-elle.
- Ton beau-frère ? Tu as une soeur ?


Aussi jolie que toi ? XD Non, non, pas de pensées de ce genre. "Beau-frère" égal "elle est déjà prise de toute façon". Donc aucune chance. Et puis... Bref. Hana sembla hésiter un instant, puis me répondit que oui.

- Et un neveu, précisa-t-elle en souriant. Absolument adorable, c'est un petit ange.

Ses yeux étaient remplis d'amour et pétillaient de joie. Ça lui donnait un air complètement différent de d'habitude. En cet instant, elle semblait respirer le bonheur...


- Pov Shinya -

La paille suivit la ligne blanche, mes paupières se fermèrent doucement. Juste ressentir. Un sourire vague planait sur mon visage... Je me reculais un peu pour me laisser tomber contre le dossier du canapé. Je laissais mon esprit planer loin, loin d'ici, mon regard perdu sur la salle dans laquelle je me trouvais. On devait être un peu plus d'une quinzaine de personnes, ici. Quelques uns se parlaient, pas trop fort, et leurs voix semblaient résonner dans ma tête. C'était comme si le temps à l'extérieur s'était figé, rendant tout ce qui se passait entre ces quatre murs plus fort et plus intense. C'était peut-être aussi pour ça que, dans une autre pièce que je n'aurais su situer, certains s'adonnaient aux plaisirs de la chaire. Le sol qui était jonché de bouteilles, de vêtements, de sachets, de nourriture, de corps comateux adossés aux fauteuils, eux-même occupés par d'autres corps tels que le mien.
Les autres pièces étaient probablement dans un "état" semblable. Mais ce n'étaient pas cet endroit qui n'était pas propre, c'était juste nous qui étions sales... Salis. La fraîcheur d'une canette tout droit sortie du réfrigérateur me fit ouvrir les yeux et quitter ma transe. J'ouvris la bière et adressais un remerciement au type aux cheveux châtains coiffés en brosse. lequel poussa un paquet de chips du bout du pied pour se laisser tomber à coté de moi et me tendre un sachet.

- Tiens, lâchais-je en lui tendant des billets soigneusement comptés. 120 000 en coupures de 5 000.
- Merci.


Cris prit un instant afin de recompter, puis hocha la tête et m'adressa un sourire. J'acquiesçais distraitement lorsqu'il m'informa qu'il m'apporterais le reste dans la semaine, avant de se lever.

- Tu devrais rentrer. Ça fait un bout de temps que t'es là, tes amis vont s'inquiéter, me dit-il avant de quitter la pièce pour retourner à son business.

Je jetais un regard sur mon portable, déjà plus de 18h. Je soupirais, me levais, ramassais ma veste et sortit. Il était temps de retourner à la réalité... Alors que je sortais de l'immeuble, je cru apercevoir une silhouette familière sur le trottoir. Mais un bus passa, et la personne avait disparut. Ce n'était sûrement que mon imagination... Le vent frais du début de soirée me balayait le visage tandis que je marchais jusqu'à la gare. Le train était bondé à cette heure-ci, et je me retrouvais serré entre les porte et un grand type baraqué. Je réprimais un rire.
Lorsqu'enfin le train s'arrêta à ma station, je m'extirpais avec un soulagement non feint du wagon bondé. Et je marchais tout droit jusqu'à l'appartement, sans faire attention à ce qui se passait. Une fois arrivé, je me dirigeais directement jusque dans ma chambre après avoir lancé un vague "Je suis rentré". Je me laissais tomber sur mon lit, allongé sur le dos, et cherchais à tâtons mon iPod. Quelques minutes plus tard, de la musique dans les oreilles, je m'assoupissait doucement...


- Shinya,tu viens manger avec nous? demanda la voix de Takuya.
- Non, j'ai pas vraiment faim...
- T'es sûr? Tu manges presque pas ces derniers temps... renchérit Yuuki.
- J'ai pas faim, j'vous dit.


Je soupirais. Je n'avais même pas pris la peine d'ouvrir les yeux ou d'éteindre la musique lorsqu'ils étaient entré dans ma chambre. Des pas, puis la porte se referma. Je me redressais et appuyer mon dos contre le mur. Un soupir m'échappa. A nouveau, je laissait mon esprit divaguer, porté par la musique que je n'écoutais pas vraiment, en fin de compte. Quelques minutes plus tard, on frappa à ma porte. Ils s'étaient tous ligués pour me harceler ou quoi ? ><

- J'ai dis que j'avais pas faim! marmonnais-je à l'intention de la personne dans le couloir.

Malheureusement, la personne en question en tint pas compte de ma remarque est entra dans la pièce. Une assiette pleine d'omelette dans une main, Hana referma la porte derrière elle et s'appuya contre. Elle me regardait, et ses yeux n'exprimaient rien. Rien, pas même la douceur habituelle et chaude.

- Qu'est ce qu'il se passe, Shinya ?
- Rien.


Ce n'était pas un mensonge, d'ailleurs. Il ne se passait strictement rien, et c'était peut-être ça, au fond, qui m'agaçait tellement. Elle avança de quelques pas dans la chambre, s'arrêtant devant moi, et du bout des doigts elle releva mon visage.

- Pourquoi tu pleures ?
- Je ne pleure pas, murmurais-je.
- Si.


Hana leva une main et, doucement, vint la déposer sur ma joue. Son pouce passa doucement sous mon oeil. Je la fixait, détaillant son visage maintenant soucieux, puis fermait les yeux. Cette fois-ci, je sentis bel et bien des larmes rouler sous mes paupières, puis sur mes joues. Avant d'être à nouveaux balayées. Soudain, je lançais mes bras en avant, encerclais la taille d'Hana et la tirait vers moi, nous faisans basculer sur le lit. L'assiette tomba sur la sol dans un fracas épouvantable. Elle ne se débattit pas, en protesta même pas. Ma tête alla se nicher dans le creux de son cou, l'inondant de perles salées, et la main d'Hana passa dans mes cheveux. Je resserrais ma prise. Et je me laissait aller, tandis qu'elle me berçait doucement ; sa respiration lente m'apaisait.


- Pov Omniscient -

Alertés par le bruit de vaisselle brisée qui avait retentit dans la chambre de Shinya, les trois autres garçons se précipitèrent dans cette direction. Takuya ouvrit la porte en premier et se figea. Devant son immobilité, Akiharu se pencha par-dessus lui pour voir. La première chose qu'il vit, celle qui attira son attention, ne fut pas l'assiette par terre et la nourriture éparpillée dans tous les sens, conséquence de la chute. Non, ce qui attira son regard, ce furent les deux corps enlacés sur le lit. Les mèches noires et blondes qui s'entremêlaient, les larmes qui coulaient sur un visage avant d'être essuyées d'un baiser-papillon tendre. Et la douceur quasi-sacrée qui semblait émaner du tout.
Les apercevant entassé devant la porte, Hana porta son index devant ses lèvres, dans une demande muette de silence. Ils retournèrent au salon, Yuuki un peu après les deux autres. Et alors qu'il longeait le couloir, il ne put s'empêcher de penser, légèrement frustré, qu'ils n'imaginait pas que ces deux-là étaient si proches...




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Bien le bonjour! ^^
Le voila, le magnifique, le merveilleux, l'exceptionnel... Chapitre 7 ! *Mai. déraille...*
Comme toujours, j'attends vos impressions sur ce petit bout de chose x')
Prochain chapitre... Le retour/arrivée de ma blondasse ='P
Je suis fan des photos de Dieux-Faux (aka Arsenic-Spider)
Ce ne sera probablement pas la première que vous verrez... XD
Pour ce chapitre aussi, j'ai encore une question terrible... Est-ce que vos conaissez (et regardez) Nolife ? Parce que l'autre jour, quand j'en ai parlé, tout le monde m'a regardé avec des yeux ronds : "C'est quoi Nolife ?" Je me sens trop seule... XD Help!
Oooh, et grande, très grande nouvelle : Mai. a enfin un nouveau portable *o* (un LG Viewty / ku990i blanc : )
& Sinon, MERDE à tous ceux qui ont des exams, hein ^^'

Fin bref. Chapitre très court, je le conçois... 28 commentaires pour voire Bouille d'Ange ^^' Vous pouvez le faire (*o*) et le prochain chap' est beaucoup plus long...


Bisous à toutes =3
Mai.

XXIIXème commentaire posté par Kyriia

# Posté le vendredi 08 mai 2009 18:43

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 09:26